Le stress est une réaction d’alarme de l’organisme qui se déclenche dans certaines situations perçues, à tort ou à raison, comme potentiellement menaçantes pour son équilibre interne. Cette réaction se manifeste par une série de modifications physiologiques qui préparent l’organisme à affronter cette menace, par la confrontation ou par la fuite : sécrétion d’adrénaline, augmentation du tonus musculaire, accélération du rythme cardiaque et du rythme respiratoire, ralentissement des fonctions digestives, attention soutenue, mobilisation des fonctions intellectuelles, etc. Ces changements physiologiques se traduisent par des symptômes physiques pouvant aller de l’état d’excitation agréable aux manifestations carrément désagréables: transpiration, rougeurs, gorge nouée, tremblements, vue brouillée, champ perceptif réduit, et se traduire au plan psychologique par un sentiment de perte de contrôle, ou un état de peur panique.
Cette réaction de stress est naturelle et normale en soi. Elle n’est ni dommageable pour l’organisme, ni source de désordre psychologique dans la mesure où elle se maintient dans certaines limites. Elle favorise même le fonctionnement intellectuel et l’activité physique dans les situations de défi. Par contre, si cette réaction dépasse un certain seuil de stimulation ou se prolonge durant de longues périodes, l’organisme doit puiser dans ses réserves d’énergie pour résister à ce stress. Des malaises physiques sont alors susceptibles de se faire jour, comme la perte de l’appétit, les maux d’estomac, les troubles du sommeil, les cauchemars, les maux de tête, un état de fatigue continuel, de l’apathie, un désintérêt général ou une diminution de la sexualité. Ces malaises physiques sont accompagnés de troubles psychologiques comme l’anxiété, le sentiment d’impuissance, la culpabilité, le sentiment de vulnérabilité ou un état dépressif. Au plan cognitif, cela se traduit par une difficulté à prendre des décisions, une difficulté ou une incapacité à se concentrer, de la confusion et de la désorganisation intellectuelle. Les comportements généralement associés à ces états cognitifs-émotifs sont le repli sur soi, l’augmentation du tabagisme et de la consommation d’alcool et autres drogues, un état de colère fréquent et le besoin de parler sans arrêt.
La phase d’épuisement apparaît quand les réserves d’énergie ne suffisent plus à résister adéquatement au stress, que certains organes vitaux accusent une usure prématurée et que le système immunitaire est dangereusement affaibli. Les malaises se transforment en maladies physiques et les troubles psychologiques et comportementaux peuvent devenir sérieux. Le phénomène connu sous le nom de « burn-out » est une conséquence fréquente de cet état d’épuisement.