Photos CCD à l'observatoire d'Obaska (suite)

 

Samedi 22 mars 2003, il est 9 h 45. Je suis en train de télécharger l'édition complète du samedi du  journal La Presse, via mon logiciel Newstand. Tout à coup, le tintement caractéristique de l'arrivée d'un nouveau courriel se fait entendre. C'est Alain Laplante, qui nous invite Fernand Lemay et moi à son observatoire d'Obaska, tout près de Senneterre, dans le nord du Québec. Comme son horloge astro-météorologique semble indiquer de bonnes conditions météo pour dimanche soir, il nous invite à une séance de photos CCD et de webcams. Comme Fernand Lemay, notre spécialiste de la construction des télescopes ne peut effectuer le voyage, je me mets en route en direction d'Obaska. Une heure et demie plus tard, au carrefour près de Louvicourt,  je tourne à gauche en direction de la maison d'Alain. Environ 13 kilomètres plus loin, c'est l'arrivée sur place. La maison est récente et très coquette. Je sonne à la porte. La gentille Hélène,  conjointe d'Alain, vient m'accueillir.  Après les présentations d'usage, Alain arrive presque aussitôt, alerté par les aboiements de ses deux superbes chiens.

La poignée de mains est chaleureuse. Aussitôt, nous empruntons le sentier menant à l'observatoire, tout en bavardant. L'observatoire est situé sur un promontoire rocheux derrière la maison, à environ 300 pieds. La montée s'effectue rapidement. Le bâtiment est bien construit et esthétique, contrastant avec le paysage environnant.

 

 

L'observatoire photographié durant l'été

 

Nous enjambons l'escalier permettant d'accéder aux équipements, à environ une dizaine de pieds de hauteur. Des lumières fluorescentes et des marches antidérapantes assurent  nos pas.

 

 

Alain en train d'ouvrir la trappe permettant d'accéder au plancher de son observatoire. Un petit pas pour un homme, mais un grand pas pour l'humanité! Notez la température extérieure de 5 degrés celsius et le contrepoids facilitant le fonctionnement de la trappe.

 

L'intérieur est relativement spacieux et très fonctionnel. Des cartes célestes jonchent les murs. Un écran d'ordinateur et un clavier, permettant de diriger le télescope vers la cible désirée, trônent dans un coin. Un cartable contenant des notes personnelles est à la portée de la main.

 

 

Alain au boulot devant son ordinateur. Notez la présence d'un baromètre, d'un hygromètre et d'un thermomètre permettant d'obtenir les renseignements météorologiques voulus.

 

Au milieu de la pièce, c'est le majestueux télescope Meade LX-200 de 254 mm (10"), équipé d'une caméra CCD Meade à l'extrémité de l'oculaire.

 

 

Le télescope Meade LX-200 de 254 mm, avec à son extrémité la caméra CCD Meade, reliée au télescope par un branchement électrique. Notez que le chercheur est le tube d'un télescope Meade ETX-90! Au-dessus d'Alain, on remarque le toit rétractable de la bâtisse, sur roulettes.

 

 

 

Vue rapprochée de la caméra CCD Meade

 

 

C'est un ciel variable qui s'offre à nous. Profitant de la présence temporaire des nuages, Alain configure les ports série de son ordinateur. En effet, il ne peut diriger avec l'aide de son ordinateur son télescope. Après un bref moment, le problème est enfin résolu. Ce soir, Alain veut en profiter pour photographier la galaxie spirale M66, de la constellation du Lion.

 

 

 

 

 

Dans un premier temps, il décide d'utiliser l'étoile brillante Régulus de la constellation du Lion pour vérifier l'alignement de son télescope. Il démarre son logiciel The Sky et pointe Régulus. Il y a un décalage d'une trentaine de secondes entre la commande et la communication avec le télescope. Finalement, l'image de Régulus apparaît à l'écran.  On s'aperçoit rapidement que l'image n'est pas centrée. Qu'à cela ne tienne, après quelques calculs et un déplacement en ascension droite et en déclinaison, le problème est résolu! On aperçoit clairement Régulus et son compagnon, qui est situé en haut et à droite de notre étoile cible.

 

 

 

Notez sur les deux photos la présence de Régulus et de son compagnon.

 

 

Alain analyse l'image de Régulus. Selon lui, la ligne de diffraction verticale zébrant l'étoile Régulus est beaucoup trop large et indique que l'image n'est pas au focus. De plus, l'étoile semble déformée du côté droit et ne présente pas une belle forme arrondie. Il utilise un appareil appelé focuseur automatique, installé devant le télescope pour régler ce problème. Il démarre le logiciel de focus associé au dispositif. Il doit effectuer quelques calculs avec l'aide de la calculatrice Windows de son ordinateur et voilà l'image de Régulus qui est au focus!

 

 

 

En bleu, le focuseur automatique pour la mise au foyer parfaite de l'image

 

 

Les nuages semblant se dissiper, Alain pointe sa cible, M66, de la constellation du Lion dans son logiciel d'astronomie, The Sky. Il s'empresse de programmer la durée d'exposition et le nombre de photos à prendre de l'objet convoité. Nous sommes prêts, mais voilà que les nuages sont revenus! Quelle déception!

 

En attendant, Alain en profite pour ouvrir la boîte contenant l'ordinateur lui-même, car il y a quelque chose à réparer. L'appareil est logé dans un coffre déjà isolé. Il contient un ventilateur pour contrôler l'humidité (en haut et à gauche sur la photo), ainsi qu'une chaufferette de voiture (en haut et au centre sur la photo) permettant de contrôler la chaleur. Il n'a pas tellement le choix, lorsqu'il veut photographier les merveilles de l'univers à -30 degrés celsius!

 

 

 

Photo de la boîte isolée contenant l'ordinateur. Une fois refermée, une fenêtre permet une vue des cadrans indiquant les conditions d'humidité et de chaleur à l'intérieur. Également, on note la présence du fameux toit coulissant.

 

 

Un autre rapide coup d'oeil vers le ciel et encore des nuages. Zut alors! Alain en profite pour montrer des photos de Jupiter prises avec sa webcam couleur. On peut admirer les deux principales bandes nuageuses de Jupiter. Également, il me montre de belles photos de Saturne.

 

 

          

 

 

Pendant ce temps, les nuages ne semblent pas vouloir se dissiper. Encore une fois, un ciel prometteur qui est gâché par les conditions météorologiques! Nous décidons de plier bagage. Alain commence par placer le télescope à sa position de repos par commande à distance à partir de son ordinateur. On ferme le toit coulissant. L'opération est facile, elle pourrait presque être réalisée par un enfant! Avant de fermer l'ordinateur, Alain en profite pour récupérer quelques images grâce à une carte mémoire externe de 64 megs branchée à un port USB de l'ordinateur.

 

On ouvre la trappe et on s'engage dans l'escalier. C'est la courte descente vers la maison d'Alain. Arrivé sur place, il coupe l'alimentation électrique de l'observatoire. Il m'explique que cette dernière se fait par le biais de deux câbles, l'un pour l'alimentation de l'ordinateur et l'autre pour l'éclairage. Puis, vu l'heure tardive, sans cérémonie, on se serre la main et on se donne rendez-vous pour une prochaine séance de photos. J'ai tout de même plus de deux heures de route en voiture à me taper avant de revenir à la maison!

 

 

Luc Aubut

La Sarre (Québec)